Revue électronique de Relations internationales / International Relations Electronic Journal – ISSN 2105-2646

Appel à contributions / Call for Papers


La politique africaine de la France sous Nicolas Sarkozy


Depuis la fin de la colonisation, la politique de la France en Afrique n’a cessé d’osciller entre ruptures et continuités. Alors que les Etats africains célèbrent, en 2010, le 50ème anniversaire de leurs indépendances, la France reste tiraillée entre des choix politiques difficiles à assumer et son incapacité à s’adapter aux évolutions des sociétés africaines. Vue d’Afrique, la politique française est en échec et est contestée par les jeunes générations. La promesse de rupture du candidat Nicolas Sarkozy n’a pas été tenue et l’actuel Président peine à se démarquer de certaines pratiques bilatérales héritées de la Françafrique. Exemple parmi d’autres, après une longue hésitation le président français, comme ses prédécesseurs, s’est résolu à la tenue d’un sommet Afrique-France en 2010 à Nice. La politique africaine de la France alimente ainsi cette impression de n’évoluer qu’au rythme des « beaux discours et de la diplomatie conservatoire » (« France-Afrique. Sortir du Pacte colonial », Politique africaine, n°105, 2007, p.8). Au vu des nombreuses critiques dont elle fait l’objet, décrypter la politique de la France en Afrique reste un enjeu majeur pour les relations internationales.

Au regard des points d’ombre qui subsistent autour de la définition de la politique française en Afrique, il convient de s’interroger plus en détail sur les caractéristiques actuelles de l’engagement de la France sur le continent. Quelles sont les conséquences du retrait progressif des forces françaises pré-positionnées sur les relations franco-africaines ? Comment interpréter la volonté d’européanisation et de multilatéralisation du dispositif RECAMP (Renforcement des capacités africaines au maintien de la paix) en particulier et de la politique française en général ? Est-il toujours possible d’analyser l’Afrique sous l’angle d’une zone d’influence, de la francophonie et de la politique de puissance de la France ? En quoi la gestion de crises, comme celles du Rwanda, de la Côte d’Ivoire ou du Tchad, a-t-elle permis aux décideurs français de tirer un certain nombre d’enseignements pour résoudre les conflits à venir ? Quel est l’enjeu du partenariat avec les acteurs africains (Union africaine et organisations régionales) pour la politique française ? Comment la France répond-elle aux nombreux défis politiques, économiques, sociaux ou environnementaux rencontrés par l’Afrique ? Comment réagit-elle face à l’offensive des BRIC (Brésil, Inde, Russie, Chine) et au retour des Etats-Unis ? Autant de questions qui bien évidemment ne constituent pas une liste exhaustive pour appréhender la politique française en Afrique.

Au-delà de son actualité, cette thématique proposée par Dynamiques Internationales part d’un constat plus général et qui n’est pas propre à la période que la Revue se propose d’éclairer (2007-2010). Dans l’Hexagone, le débat public sur la politique française en Afrique, ses orientations et ses échecs, est quasi inexistant. Ce manque d’analyse crée un véritable déficit de réflexion critique sur les impasses d’une politique qui n’a pas su ou pu se réformer. Les relations internationales sont une illustration de cette lacune dans la mesure où très peu de travaux ont comme objet la politique africaine de la France. En complément d’analyses empiriques, ce numéro cherche à privilégier, à travers l’examen des coulisses de la politique africaine, une ou plusieurs grille(s) de lecture pertinente(s). En effet, au-delà de ses spécificités, la politique de la France en Afrique devrait être appréhendée en tant que politique étrangère.

En conséquence, ce numéro entend nourrir la réflexion sur une politique française en transition, largement critiquée pour son défaut de lisibilité et son manque de vision à court et moyen terme. Ce numéro 4 de la revue entend proposer une analyse critique de la politique africaine de la France depuis 2007, sans pour autant faire abstraction des liens qu’elle puise dans le passé. Son objectif n’est pas seulement de s’en tenir au bilan à charge du mandat du Président Sarkozy. Ce numéro se veut aussi tourné vers l’avenir de ce que pourraient – ou devraient – être les relations entre la France et l’Afrique dans les décennies à venir. Dans cette perspective, les auteurs privilégieront la rigueur et l’absence de jugement de valeur que requiert toute démarche de sciences sociales.

La date limite de soumission est fixée au 15 août 2010. Les propositions devront être transmises via l’interface du site et ne devront pas contenir moins de 5 000 mots. La version française du numéro paraîtra en octobre 2010. Une version anglaise de votre article devra également nous être transmise avant le 10 septembre 2010. Nous souhaitons en effet pallier au manque de visibilité des travaux français sur les analyses africaines en diffusant ce numéro auprès de notre réseau de partenaires anglophones. La version anglaise du numéro paraitra en novembre 2010. Merci de nous informer dès l’envoi de la première version pour tout problème lié à la traduction.

Call for papers


The African foreign policy of France under Nicolas Sarkozy


The foreign policy of France in Africa has kept on oscillating between innovation and conservatism since decolonization. While African states are celebrating the 50th anniversary of their independence in 2010, France remains torn between controversial political choices and a lack of capacity to adapt to the evolutions of African societies. Policies from France seem failed and are contested by younger generations in Africa. Nicolas Sarkozy’s promises for radical change when he was running for the presidency were not kept. Now the President of France, he has not shown much will to break with old bilateral habits that were inherited from la Françafrique. The decision to hold, like his predecessors and after a long hesitation, a France-Africa summit in Nice in 2010, is one in many examples. The African foreign policy of France thus encourages the vision of a slow evolution guided by “grand speeches and conservatory diplomacy” (« France-Afrique. Sortir du Pacte colonial », Politique africaine, n°105, 2007, p.8). Decyphering this foreign policy remains a major goal for International Relations, when considering the many criticisms it suffers.

Many dark spots remain about what exactly is the French foreign policy in Africa, making a questioning on the essential characteristics of the French presence in Africa a central issue. What are the consequences of the withdrawal of the French prepositioned forces on the continent for the relationship between France and Africa? What is the meaning of the will to make the RECAMP initiative (Strengthening of African Capacities for Peacebuilding) more European and more multilateral? Can we still analyze Africa as a zone of influence for la Francophonie and the power politics of France? Have the French policymakers learned anything from the management of crisis in Rwanda, Côte d’Ivoire and Tchad that can help them prevent future conflicts? What is at stake for the French foreign policy in the partnerships with African actors (African Union, regional organizations)? How can France react to political, environmental, social and environmental issues that exist in Africa? How does France cope with the presence of BRIC countries (Brazil, Russia, India, China) and with the American comeback to the continent? All these issues are obviously far from forming an exhaustive list for addressing the French foreign policy in Africa.

Dynamiques Internationales offers to highlight a persistent issue pertaining to this theme of France and Africa, that goes well beyond its current affairs nature and is relevant not only for the time period of interest (2007-2010). There is almost no public debate in France on the French foreign policy in Africa, its orientations, its failures. This lack of analysis is the cause of a missing critical reflection on the shortcomings of a foreign policy that could not be reformed. In International Relations, very few studies address the French foreign policy in Africa, showing this want for analysis. Relevant grids for the analysis of the making of this foreign policy will primarily be put forth in this upcoming issue, in addition to empirical papers.

In this issue of Dynamiques Internationales, authors are called to feed reflections on a foreign policy that is largely criticized for its lack of readability and short-term vision, and that is considered in transition. Taking into account the historical roots of this policy, papers should propose a critical analysis of the French foreign policy in Africa since 2007. In order to go beyond a radical commentary of President Sarkozy’s actions during his term so far, papers should address prospects of what could – or should – be relationships between France and Africa in the coming decades. According to accepted practices of social science, authors will favor a rigorous approach and refrain from passing judgments in order to make a critical perspective possible.

The deadline for papers submissions is 15 August 2010. Propositions will be sent through the website interface and will contain at least 5000 words. Dynamiques Internationales wants to help tackling the lack of visibility of works on Africa in International Relations by releasing this issue both in French and in English. The French version of this issue will be published in October 2010. An English version will be released in November 2010Authors sending papers written in English will be contacted to discuss arrangements for a translation

A Propos

La revue Dynamiques Internationales est publiée et gérée entièrement en ligne. Elle offre un support de publication facile d’accès, bilingue (français et anglais) et ouvert à tous les doctorants et chercheurs de cette discipline ainsi qu’aux étudiants de Master dont la spécialité se rapporte aux Relations Internationales. Avec rigueur, le site dynamiques-internationales.com souhaite faciliter la communication de travaux de toutes natures en Relations Internationales et les ouvre à la discussion et l’évaluation par les pairs, avant et après la publication :

  • Notes de recherche et travaux préparatoires : projets de mémoire ou de thèse, projets de recherche, working papers.
  • Comptes rendus de lecture critiques : ces publications concernent autant les classiques de la discipline que les ouvrages les plus récents.
  • Portraits intellectuels : relatifs à la discipline, il s’agit de présentations et d’analyses critiques d’auteurs ou de courants de pensée de toute époque.

Modalités de participation


Les résumés des contributions peuvent être soumis à tout moment via l’interface de la page Publications.

Après acceptation de leur résumé, ces contributions sont évaluées et discutées avec leurs auteurs avec la même rigueur que les articles du périodique, et publiées dès que possible.

Chaque auteur publié aura à sa disposition une page personnalisable sur le site Internet pour présenter son CV, ses activités et publications.

Le format des contributions est variable selon la nature de l’article proposé.